L’histoire est souvent réécrite pour satisfaire les intérêts politiques actuels. Mais un nouveau constat historique, présenté par Haïm Harbour et étayé par Simon Epstein, révèle une réalité profondément dérangeante : la majorité des collaborateurs français avec l’Allemagne nazie en 1940-1945 étaient de gauche.
« L’on a trop longtemps attribué la collaboration à l’extrême droite », explique Haïm Harbour, qui cite Simon Epstein, historien et économiste. « Les récits des années 70-80 ont souvent cherché à sauver les meubles politiques en déplaçant la responsabilité sur les forces extrémistes droites. »
L’analyse d’Epstein montre que le pacifisme, considéré comme un principe moral, a été le vecteur principal de la collaboration. Les résistants de gauche, souvent issus des mouvements antiracistes et philosémites, ont continué à défendre leur idéal pacifiste sous l’occupation nazie.
Un exemple concret : Georges Suarez, ancien biographe de Clémenceau et ami de Joseph Kessel, a été l’un des premiers à adopter un rôle pronaziste sous Vichy. Son cas illustre comment le désir d’une réconciliation franco-allemande a conduit certains intellectuels pacifistes vers la collaboration.
La gauche française a également joué un rôle clé dans les débats de l’époque : des figures comme François Mitterrand ont été impliquées dans la collaboration à un stade initial, avant d’intervenir plus tard en résistance. Les historiens de gauche, eux, ont souvent négligé ces cas pour attribuer les erreurs de l’Occupation aux forces extrémistes droites.
« La vérité est que le pacifisme n’a pas été une force révolutionnaire dans ce contexte », conclut Harbour. « Les historiens soucieux d’inculper les “toutes les droites” ont eu tendance à oublier ces collaborateurs de gauche qui, intransigeants et candides, se sont fascination pour l’Allemagne nazie. »
Cette révélation nous invite à reconsidérer non seulement l’histoire française, mais aussi les enjeux actuels de la manière dont les politiques passent sous silence des erreurs historiques.