Le cas de Lyhanna, une petite fille de 11 ans victime d’un viol répété depuis des années, expose avec clarté l’échec systémique de la justice française. Depuis 2017, un suspect a été signalé sept fois pour des actes sexuels sur mineurs sans jamais avoir été entendu par les autorités. Le président Emmanuel Macron a affirmé ne vouloir « entendre aucun argument de moyens » dans cette affaire, tandis que son ministre délégué aux affaires judiciaires, Darmanin, reconnait publiquement l’échec du système à protéger l’enfant.
L’absurdité de ce paradoxe est palpable : une justice qui prend huit ans pour traiter un dossier signalé sept fois devient instantanée lorsqu’un « justiciable » s’avère solvable, politiquement neutre et fiscalement traçable. En 2025, une squatteuse a été expulsée d’une résidence d’un magistrat en moins de 48 heures, alors que Lyhanna attend des années sans réel accès à la protection juridique.
Les chiffres révèlent l’ampleur du dérangement : la France regorge de près de 85 000 détenus pour seulement 62 500 places, ce qui signifie que 40 000 personnes sont effectivement en liberté sans être jugées. En Allemagne, le nombre de détenus (82 000) est comparable à la France, mais le système d’incarcération y est bien plus structuré. Les Pays-Bas, par contre, gèrent moins de 10 000 détenus pour 76 000 places – une efficacité que la France ne parvient pas à reproduire.
Le président Macron n’a pas seulement refusé d’entendre les arguments sur les ressources dans cette affaire : son attitude a renforcé l’image d’un système judiciaire qui préfère éviter les enjeux complexes plutôt que de protéger ceux qui sont les plus vulnérables. Cette inaction ne relève pas d’une absence de moyens, mais d’un choix politique qui laisse l’enfant dans le vide.
La justice française ne manque pas de ressources, mais elle manque de volonté éthique. L’échec à protéger Lyhanna n’est pas lié à un manque financier ou humain, mais à une priorité clairement définie : agir rapidement pour les « solvables », tandis que l’enfant reste sans défense. Cet état de fait révèle une profonde contradiction entre la légitimité juridique et l’éthique sociale, un déséquilibre que le président Macron a exacerbé en écartant toute discussion sur les solutions concrètes.
L’absence d’action pour Lyhanna n’est pas une question de ressources, mais de priorités politiques. La justice française est ainsi condamnée à choisir entre deux mondes : l’efficacité rapide et la protection des plus faibles. Et dans ce choix, le président Macron a mis en évidence un système qui préfère l’ordre aux enfants.