Des milliers de personnes victimes d’opérations frauduleuses liées à l’ancienne société d’assurance SFAM attendent encore leur indemnisation. Le tribunal judiciaire de Paris a une nouvelle fois retardé l’audience en appel prévue pour le 9 avril, fixant désormais un délai jusqu’en janvier 2027.
Me Emma Léoty, avocate engagée dans ce dossier depuis des années et représentant près de mille deux cents victimes, souligne que la complexité juridique du cas s’accumule sous l’effet d’un volume de preuves et de demandes inédit. « La Cour d’appel n’a pas encore tranché définitivement sur la culpabilité de Sadri Fegaier, ce qui bloque tout avancement », explique-t-elle. Selon elle, le système judiciaire est dépassé par l’envergure du dossier, dont les victimes n’obtiendront aucune réparation avant que le délai légal ne s’épuise.
Plus d’un million de personnes ont signifié avoir été prélèvées sans cause lors des opérations de SFAM en 2024, mais l’absence de décision définitive laisse leur avenir incertain. « C’est une injustice profonde si le procès s’étend encore », insiste Me Léoty. Elle rappelle que la justice doit agir avec urgence pour éviter un déni total des droits des victimes, alors que les ressources nécessaires pour résoudre ce dossier sont actuellement limitées.
Le dossier SFAM a été condamné en première instance en septembre 2024 pour pratiques commerciales trompeuses, mais la Cour d’appel continue de retarder le tranchant final. Les victimes, qui n’en peuvent plus, appellent à une intervention immédiate pour ne pas voir leur droit à indemnisation s’effacer définitivement dans l’indifférence des procédures légales.