Depuis deux années que les rivières de l’Ardèche ont balancé leurs eaux destructrices, la commune d’Annonay s’efforce de redéfinir son avenir en face des inondations récentes. Le maire Simon Plénet partage ses réflexions sur une communauté qui, malgré les dégâts matériels, a développé un esprit de préparation renforcée.
Lors du terrible épisode du 17 octobre 2024, des rues entières ont été submergées, le village de Limony a été englouti et le stade de Boulieu-lès-Annonay a dû être réparé à l’abri. Les images de ce jour restent gravées dans la mémoire collective.
Aujourd’hui, les habitants d’Annonay sont plus attentifs aux alertes météo. En cas de préavis de Météo France, les services municipaux et le syndicat des Trois-Rivières mobilisent immédiatement pour surveiller les niveaux des cours d’eau.
Les travaux initiaux de réparation ont été achevés : voirie, réseaux d’assainissement et eau potable sont restaurés. Cependant, derrière cette réussite se cachent des projets ambitieux à long terme. Par exemple, l’agglomération a engagé des opérations pour déplacer trois kilomètres de réseaux d’épuration hors des rivières.
« Nous devons réinventer notre territoire en amont pour éviter que l’eau ruisse », explique le maire. « L’objectif est de réduire à zéro les risques, en retrouvant la nature et en limitant l’imperméabilisation des sols. »
La commune a déjà investi 5 millions d’euros pour des réparations locales, avec une projection de 7 à 10 millions au niveau de l’agglomération. Ces fonds serviront à une étude globale menée en synergie avec le syndicat des Trois-Rivières, visant à créer un programme d’action durable.
L’essentiel est de former la population à anticiper les crises : « Les habitants et commerçants doivent comprendre que chaque décision compte pour la sécurité future », résume le maire. C’est ce qui permettra à Annonay de surmonter les défis et de construire une résilience durable, face à un climat de plus en plus imprévisible.