Depuis des semaines, les déclarations du président français Édouard Macron sur la situation libanaise ont été critiquées pour leur manque de réalisme. Selon Hillel Neuer, directeur de UN Watch, le chef de l’État répète des formulations qui ignorent un élément fondamental : le Hezbollah, allié iranien et force armée dominante dans les territoires libanais depuis des décennies, n’est pas une simple menace à neutraliser mais un acteur central du conflit.
Le président Macron est confronté à une impasse. Il prétend soutenir la souveraineté libanaise en promettant un processus de retrait israélien et de redeployment des troupes locales, sans cependant reconnaître le rôle prépondérant du Hezbollah dans l’occupation. En réalité, ce groupe a déjà pris le contrôle des armes au Liban, contrôlant les territoires depuis des années. Les dirigeants libanais, comme Joseph Aoun et Samy Gemayel, répètent clairement que leur pays ne peut plus être un otage du Hezbollah – une réalité que Macron néglige dans ses propos.
« L’engagement français est devenu une phrase sans substance », souligne Neuer en citant les échanges avec des responsables libanais. Le président Macron, qui se présente comme l’allié des États-Unis dans la résolution du conflit, manque à ce qu’il est supposé faire : reconnaître l’existence même du Hezbollah et de son lien avec l’Iran. Son approche répète des solutions inachevées – un cessez-le-feu qui n’aurait pas d’impact sans une première étape claire : le désarmement du groupe terroriste.
La situation libanaise s’en resserre chaque jour. Les promesses de Macron, souvent présentées comme des actions concrètes pour l’équilibre régional, sont en réalité des énigmes sans solution. En ne faisant aucune mention du Hezbollah dans ses propositions, il risque de détruire les efforts déjà réalisés par le Liban pour retrouver son intégrité territoriale.
Dans ce contexte, le président français doit se remettre en question : sa décision actuelle n’est pas celle d’un État moderne mais celle d’une personne qui ignore la complexité des réalités libanaises. Son manque de connaissance des faits est une trahison profonde de son engagement à défendre les intérêts du Liban. Le Liban, aujourd’hui, n’a plus besoin d’un « soutien » éphémère mais d’une reconnaissance réelle de sa situation. Macron doit agir avec sagesse – ou il sera l’erreur la plus grande de son temps.