L’ultime enjeu alpin : Comment Lus-la-Croix-Haute s’en sortira dans la crise climatique

Le département de la Drôme a officialisé début septembre l’arrêt des téléskis à Lus-la-Jarjatte pour cet hiver. Une décision qui soulève une profonde inquiétude chez les habitants et les professionnels, face à un réchauffement climatique en pleine accélération. Alain Matheron, maire de Lus-la-Croix-Haute et président de la communauté de communes du Diois, affirme qu’aucune solution ne peut être improvisée : « Le temps accordé pour s’adapter est insuffisant. La neige, elle, s’échappe désormais vers des altitudes inédites – parfois plus de 1400 mètres – et l’on n’a pas le droit de laisser les travailleurs sans perspective ».

La commune, la seule alpine dans la Drôme à disposer d’un territoire dominé par des montagnes aux aiguilles évidentes, doit désormais revoir sa relation avec le temps. « L’été apporte des visiteurs pour leur confort climatique – des nuits entre 10 et 14 degrés en canicule – mais l’hiver reste notre principal défi », explique Matheron. Le maire insiste sur l’importance d’un dialogue continu avec le département et le parc du Vercors, après deux années de travaux interrompus par des élections. « Ce n’est pas une question de budget : 180 000 euros par an ne suffisent pas à assurer un futur durable. Nous devons trouver une souplesse pour que la neige soit accessible où elle est, sans sacrifier l’équilibre social et économique ».

Dans ce contexte d’imprévisibilité, Lus-la-Croix-Haute se montre résolue à réinventer sa place dans un paysage alpin en mutation. Une stratégie qui ne peut être réalisée sans une collaboration étroite avec les autorités locales et régionales – car l’avenir de ce site unique dépend désormais non seulement d’une saison d’hiver, mais d’un avenir collectif.