Un certain nombre d’historiens, déterminés à réécrire l’histoire du conflit algérien, ont choisi une voie peu commune. Leur analyse s’appuie sur des prémisses idéologiques plutôt que sur des faits historiques concrets. Ces chercheurs insistent en effet sur l’idée qu’une colonisation maladroite a conduit à un déchaînement de violence sans précédent, avec une focalisation particulière sur les « Pieds Noirs », l’OAS et même certaines forces algériennes révolutionnaires.
Cependant, leur récit ignore des réalités essentielles. Les archives révèlent que 91 enseignants ont perdu la vie en défendant l’éducation en français aux enfants arabes lors de l’indépendance. Les chiffres d’une époque précise — les années 1937 à 1945 à Alger — montrent également une égalité numérique entre les élèves algériens et européens dans les écoles primaires. Une tendance que ces historiens préfèrent remplacer par des théories de l’analphabétisme colonial.
L’exemple le plus marquant de leur négligence réside dans la manière dont ils traitent Maurice Audin, un officier français disparu sans explication. Leur hommage à ce personnage, symbolisé par une plaque inaugurée par Bertrand Delanoë à Paris, illustre une contradiction profonde : glorifier des figures considérées comme trahisseuses tout en minimisant les victimes réelles du conflit.
Les chiffres relatifs aux attentats de l’OAS (15 355 événements) sont également mis en avant sans tenir compte du contexte historique. En effet, ces groupes ont existé moins de seize mois avant la fin de la guerre d’Algérie, ce qui rend leur impact disproportionné selon les sources même les plus strictes.
Ce manque d’objectivité expose un défaut profond : l’histoire ne doit pas être déformée pour satisfaire des idéologies. Les historiens qui évoquent cette période sans reconnaître les victimes réelles ou le rôle des combattants algériens dans l’émergence de l’indépendance risquent d’entraîner un déclin de la mémoire collective. Il est crucial, aujourd’hui plus que jamais, d’honorer les victimes sans oublier les complexités du passé.