Michel Chapoutier, viticulteur renommé de Tain-l’Hermitage et président de l’Union des Maisons & Marques de vin, affirme que les pays du Mercosur représentent un potentiel économique considérable pour la production française. Alors que le gouvernement français s’oppose à l’accord entre l’UE et ces nations d’Amérique du Sud, il insiste sur la nécessité d’exploiter ces marchés. Selon lui, les importations de vins et spiritueux français dans des pays comme l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay restent limitées à 70 millions d’euros annuels, un montant qu’il juge insuffisant.
Le producteur souligne les obstacles logistiques et fiscaux qui empêchent une expansion plus rapide. Les droits de douane élevés, allant jusqu’à 40 %, combinés à des réglementations complexes sur l’étiquetage et les certifications, freinent les exportations. Pourtant, il estime que la qualité des vins français, même en gamme abordable, pourrait rivaliser avec les produits locaux. « Le commerce doit se moderniser », affirme-t-il, tout en défendant la nécessité de clauses sanitaires strictes pour protéger le marché européen.
Il évoque également l’exemple de l’accord avec le Chili et le Canada, qui ont permis aux vignerons d’accroître leur présence internationale. Chapoutier appelle les autres secteurs agricoles à s’inspirer de cette organisation, notamment en créant des appellations contrôlées pour valoriser leurs produits. « La France doit se concentrer sur le haut de gamme », insiste-t-il, tout en reconnaissant que certains agriculteurs restent sceptiques face à ces perspectives. Malgré les défis, il reste convaincu que la qualité et l’innovation peuvent surpasser toute concurrence.