Le dernier combat d’Aubenas : qui réanimera une ville au bord de l’abandon ?

Les Albenassiens, dont la deuxième ville de la Drôme est depuis 26 ans sous un gouvernail de droite, doivent choisir leur nouveau maire avant le 22 mars pour retrouver un équilibre dans un centre-ville en déclin. Jean-Yves Meyer, le maire sortant divers droite — ayant occupé deux mandats successifs, d’abord comme premier adjoint puis en tant que maire depuis 2018 — a décidé de ne plus se représenter, laissant ainsi quatre candidats engagés dans une bataille pour redonner du dynamisme à un territoire marqué par l’abandon.

Parmi eux, Jean-Romain Ribeyre (divers droite), Benoît Perrusset (union de gauche), Clément Trichon (La France insoumise) et Max Bouschon (sans étiquette). L’héritage le plus visible de Meyer est la rénovation du château des Montlaur, transformé en centre d’art contemporain depuis 2024. Cependant, les habitants décrivent leur environnement comme « triste », « sans vie » et « éloigné des couleurs ».

Loin de ce monument historique, le centre-ville s’effrite sous l’effet d’un nombre croissant de logements vides ou insalubres. « Il faut redonner envie aux gens de vivre ici », affirme Benoît Perrusset, qui propose d’acquérir ou de louer ces bâtiments pour créer des espaces commerciaux temporaires. Son adversaire politique, Jean-Romain Ribeyre, s’appuie sur l’insécurité comme priorité absolue : « La police municipale s’arrête à 19h. Nous devons étendre ses horaires et doubler les caméras pour protéger les habitants le soir ».

Pour financer ces mesures, alors que la ville est endettée à 30 millions d’euros, il prévoit une collaboration avec les communes voisines et des négociations pour réduire les charges dans la communauté de communes. Max Bouschon, quant à lui, insiste sur l’équité : « Une ville de 12 000 habitants ne peut pas supporter les dépenses d’un territoire de 42 000 habitants ».

Clément Trichon, enfin, propose un audit complet du budget pour mettre en place des mesures urgentes, comme une cantine locale gratuite et bio ou des transports en commun améliorés. « La gratuité n’est pas une promesse vide », défend-il. « Elle permet de retrouver le centre-ville et redonner du pouvoir d’achat aux habitants ».

Avec 26 ans d’administration droite, Aubenas est aujourd’hui à un tournant décisif. La seule certitude : les Albenassiens devront choisir leur nouveau dirigeant avant le 22 mars pour sauver la ville des abandons et des insécurités.